lundi 20 novembre 2017

Les traversées pour survivre


Michel Tremblay
Survivre! Survivre! 
Littérature contemporaine, littérature québécoise
Leméac/Actes Sud, 248 pages, 2014
Couverture de: Patrick Kramer

Résumé:Dans cette éblouissante chronique de septembre 1935, le « monde » de Michel Tremblay vit des heures émouvantes, encore et encore et encore. Heures glorieuses et tragiques avec Ti-Lou et Édouard en duchesse, un duo coloré dont les échanges pétillants cachent des douleurs indissolubles, même sous le parfum du gardénia. Heures crépusculaires et sombres avec Victoire et Télesphore au fond de la ruelle des Fortifications, entre Josaphat et Laura Cadieux, sa fille infortunée qui veut à tout prix retrouver sa mère, Imelda Beausoleil. Cette chronique de résiliences, si elle ouvre les tiroirs des vies difficiles et désenchantées du monde ordinaire, fait voir aussi des existences qui s'accommodent du bonheur qui passe, toujours trop vite et presque trop tard : Tititte et le docteur Woolf au restaurant du neuvième étage d'Eaton ; Théo au cinéma avec la belle Fleurette ; Maria l'impétueuse en voyage à Québec avec Fulgence. Ah ! Maria. se laisser aimer pourrait-il devenir une façon de survivre à son incurable mal de vivre ? Ah ! Ti-Lou. que faire de ses cinquante paires de souliers kitsch, maintenant qu'elle n'a plus qu'une jambe ? Oh ! Édouard. réussira-t-il ou ratera-t-il son entrée au Paradise, déguisé en femme pour la première fois et aspergé de gardénia ? Ah ! Teena. pourra-t-elle supporter son fils Ernest qui débarque chez elle sans prévenir ? 
Comment survivre ? se demandent tous ces personnages, aux prises avec les situations inextricables des âges de la vie, le cycle des illusions perdues et des rêves oubliés.

Voilà, j'ai emprunté ce titre à la bibliothèque, en cherchant un titre qui n'était pas dans les Chroniques du Plateau Mont-Royal, car pour cette saga, j'avais commencé par la fin ne sachant pas qu'Un objet de beauté faisait partie d'une saga. Même si ce tome pouvait un peu se lire indépendamment, je veux donc la lire dans le bon ordre.
Et j'ai donc vérifié que ce titre ne faisait pas partie des Chroniques du Plateau Mont-Royal. Or, en ouvrant le livre, je vois
La Diaspora des Desrosiers
VIII
T'sé, quand tu veux commencer par le début d'une saga!
Mais bon, comme c'était un emprunt, je me suis dit que j'allais tout de même donner une chance à ce titre, espérant qu'il se lise indépendamment.
Bien sûr, même si j'ai apprécié ma lecture, la plume, j'avais l'impression de ne pas tout saisir, mais sachant que cela fait partie d'une saga, je me doute que les petits points d'interrogation que j'avais tout au long de ma lecture ont sûrement été répondues dans les tomes précédents puisque cela concernait surtout le passé et les relations entre certaines personnages, car j'ai eu de la difficulté à saisir qui était qui par rapport à qui.
N'empêche, j'ai tout de même pu retrouver la plume agréable de Michel Tremblay et plusieurs passages sont marquants. Je suis donc curieuse de lire les précédents tomes et je me ferai un plaisir de relire celui-ci au travers de la saga, surtout qu'il y a un chapitre entier que j'aurais le goût de recopier!
Voici quelques extraits
L'orgueil, Teena, ça nous tient en vie quand on est jeune, mais ça finit par nous tuer en vieillissant.
La musique, c'est pas ma consolation, c'est ma survie. Une consolation, ça sert à continuer, à endurer. La survie, le mot le dit, ça empêche de mourir.
Le carcan de la vie de famille (elle n'ose pas invoquer le mot cage pour ne pas provoquer une crise d'inquiétude) lui pèse parce que tout dans son existence se passe ici, à l'intérieur de l'appartement, et que sa seule évasion, si elle excepte quelques sorties qu’elle se paye au cours de l’année, est la même que lorsqu’elle était petite et que tout lui semblait possible : les livres. Elle ne lit pas les livres, elle saute dedans à pieds joints comme dans un lac et elle y évolue, légère et à nouveau svelte, en savourant la manne qu’elle y trouve.
Pis peut-être que plus loin est pas assez loin non plus...  Peut-être même qu'y en a pas de place assez loin. Qu'y aura toujours une place plus loin où je voudrai aller...
S'il hurle à la lune ce soir, ce sera par manque de carburant et non parce qu'il en aura trop absorbé.
 Et bien sûr, même si on le sent un peu dans les extraits ci-hauts, le joual du langage populaire
Tu veux dire que ça paye pas pantoute. C'est pas fatiquant, mais c'est pas payant non plus. Tant qu'a' sera capable de se barouetter d'un bord pis de l'autre, j'suppose qu'a' fait ben de rester sur le plancher... A' gagne mieux sa vie, tant qu'à ça... Mais je la plains. Est-tait déjà pas mal essoufflée quand je travaillais avec elle, qu'est-ce que ce doit être à la fin de ses shifts aujourd'hui...

2 commentaires:

Une petite trace de votre passage me fera chaud au coeur :)

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